La collection John van Kessel (Anvers, 1885), homme de confi - Lot 17

Lot n° 17
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La collection John van Kessel (Anvers, 1885), homme de confi - Lot 17
La collection John van Kessel (Anvers, 1885), homme de confiance de Louis Franck. En 1920, John van Kessel entre comme secrétaire de cabinet auprès de Louis Franck (1868-1937), avocat anversois devenu ministre des Colonies. Il y restera jusqu'en 1924. La fonction est discrète et le poste d'observation sans équivalent : un cabinet ministériel voit passer les rapports des territoires, les dossiers d'administration, les correspondances des artistes et des imprimeurs, tout ce par quoi le Congo devenait, chaque jour à Bruxelles, du papier et de la décision. Anversois, formé dans la ville qui était alors la porte belge de l'Afrique centrale, van Kessel se tenait au centre exact de ce dispositif. Sa collection porte la marque de cette position : elle mêle l'objet de terrain et la pièce de bureau, ce que l'on rapporte et ce que l'on reçoit. Le lien entre les deux hommes ne s'arrête pas au ministère. Lorsque Louis Franck devient gouverneur de la Banque nationale de Belgique en 1926, van Kessel le suit et y devient inspecteur général. Dix-sept ans de fidélité, jusqu'à la disparition du gouverneur en 1937 : celle d'un homme de confiance plus que d'un collaborateur. Elle explique que soient restés entre ses mains, puis dans sa famille, des objets et des papiers qui touchent de si près à la personne du ministre. De cette proximité subsistent des témoins littéraux : la malle de voyage du ministre, tôle peinte en noir de la maison Hobbs & Co de Londres, marquée au pochoir « MINISTÈRE DES COLONIES / BRUXELLES » et frappée des initiales L. F. Conservée par le secrétaire de cabinet, puis transmise dans sa famille, elle porte les usures de sa fonction et vient avec son dossier d'archives. L'accompagnent de nombreuses photographies du ministre et de ses voyages, dont la dispersion est réservée à de prochaines vacations. La statuaire forme le premier volet de la collection, homogène et dense. Une grande figure féminine songye orientale d'influence luba, coiffure en cascade et bouche aux dents en grille, conserve sous sa base son inscription de collecte d'époque au crayon, « Tanganyika / Moero ». Une statuette masculine à réceptacle sommital se rapproche étroitement de trois pièces luba du Musée royal de l'Afrique centrale collectées au Katanga et entrées en collection avant 1920, et se rattache à la famille des figures de type kabeja étudiées par François Neyt et Bernard de Grunne. Un couple kongo d'une même main, dents limées en pointe et coiffures striées de l'aire yombe et sundi, et un couteau de prestige trumbash mangbetu à lame en faucille complètent cet ensemble du premier tiers du XXe siècle. Pour l'amateur, la réunion de ces critères, ancienneté de collecte, inscription d'époque, comparables muséaux, provenance familiale ininterrompue et dossier d'archives conservé, place ces œuvres dans la catégorie la plus intéressante. Le versant documentaire répond aux objets avec la même densité, et il est exceptionnel. L'archive de la série Vloors de 1923 restitue, étape par étape, la fabrication d'une série de douze timbres coloniaux entre ses trois acteurs : Émile Vloors, auteur des dessins ; le baron Gaston Stalins, délégué européen de l'American Banknote Company à Paris, en charge de la gravure et de l'impression ; et van Kessel, intermédiaire entre l'artiste, l'imprimeur et l'administration. Vloors et Stalins étaient amis, et la correspondance déborde le registre officiel : aux échanges d'épreuves et aux arbitrages de teintes se mêlent la franchise, l'humeur et les confidences que seule permet une longue familiarité. Deux cent cinquante-deux épreuves originales, couvrant les douze valeurs faciales du 5 centimes au 10 francs, la plupart annotées à la main, accompagnent quelque soixante-dix documents de 1923 à 1925. On y voit une couleur proposée, écartée, reprise, une valeur faciale déplacée, et l'on y entend le ton, celui d'un ami plus que d'un fournisseur, se faire piquant : « cette affaire Vloors, qui menace de devenir ruineuse pour tout le monde », écrit Stalins en décembre 1923. Que cette archive ait été conservée intacte par un homme devenu inspecteur général de l'institut d'émission, professionnel du document gravé s'il en est, n'a rien d'un hasard ; c'est l'imagerie officielle du Congo belge, l'Ivoire, le Caoutchouc, l'Huile de palme, saisie au moment où elle se décide, et gardée par celui qui en avait suivi chaque épreuve. Réunie il y a un siècle au plus près du pouvoir colonial, jamais dispersée, la collection John van Kessel paraît ici pour la première fois. Lots 18, 19, 20, 21, 22, 23, 54, 68, 69, 70.
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